La prise en charge de la femme enceinte

 

L’activité physique pour la femme enceinte et les bienfaits de l’exercice durant la grossesse

Comment optimiser la prise en charge de la femme enceinte dans un centre de remise en forme et quelles sont les réponses que nous pouvons apporter pour éviter les comportements à risque ?

Il est clair que la réalisation de programme d’entraînement chez la femme enceinte doit être soumise à un regard particulièrement attentif pour empêcher toute perturbation ou incident.

La particularité pour la femme durant cette période, est qu’elle subit des changements importants d’un point de vue tant physiologique que psychologique et ce, sur un laps de temps relativement court.

Parmi ces changements, des modifications anatomiques et une prise de poids peuvent engendrer des désadaptations susceptibles de troubler l’équilibre postural.

Cette observation nous invite à être vigilants surtout dans les cours collectifs de type cardio qui requièrent beaucoup de déplacements et de rotations pouvant engendrer des chutes et autres accrochages.

Mais au-delà des modifications anatomiques, il convient de ne pas oublier les changements physiologiques et notamment hormonaux qui créent une réorganisation des grandes fonctions durant la grossesse. Pour exemple, il est possible qu’un diabète gestationnel se manifeste. Le fait de conserver une activité physique dans cette période permet de réguler la glycémie et le niveau d’insuline.

Si la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent et contribuent à l’accroissement de 20 à 40 % du débit cardiaque, il ne s’agit que d’évolutions normales de la grossesse. Celles-ci ne constituent pas un signe de dégradation de la forme physique.

Cependant, il faut rester vigilant quant à l’augmentation de la température corporelle.

En effet, le fœtus n’a pas la même capacité à dissiper la chaleur ; une trop forte élévation de la température pourrait constituer un risque pour son développement. C’est particulièrement vrai lors du premier trimestre de la grossesse où les cellules se reproduisent de manière active – un moment important !

En tant que Personal Trainer, nous devons donc être informés et vigilants sur les comportements de la future maman. Dans certains cas, sa volonté de maintenir son niveau d’activité pré-grossesse nous invite à lui indiquer les risques que cela comporte pour son fœtus et sa santé.

N’étant pas médecin, il nous faut prendre des précautions. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’abonder dans le sens d’une pratiquante qui exprimerait la volonté de ne pas prendre de poids, voire d’en perdre, dans une période où son état justifierait qu’elle soit supplémentée. Il n’est pas rare d’être confronté à de « nouveaux comportements » de type mommyrexie, précisément caractérisé par une sous-alimentation dans le but de ne pas prendre de poids et de garder la ligne durant la grossesse, créant ainsi des risques pouvant altérer le développement normal du fœtus (carence en vitamines, minéraux etc.).

De même, lors de la reprise de l’activité physique après l’accouchement, il est préférable au préalable de demander à la pratiquante si la rééducation du périnée a bien été réalisée par des professionnels de la santé (kinésithérapeutes ou sages-femmes) pour éviter tout risque de cystocèle ou de fuite urinaire pendant la réalisation des exercices…

Recommandations dans l’entraînement :

Pour éviter les excès thermiques : éviter les exercices prolongés. Veiller à l’hydratation avant, pendant et après la séance (penser à la bouteille d’eau). Ne pas se fier uniquement au constat visuel et au niveau de sudation de la pratiquante pour évaluer l’augmentation de la température, car celle-ci n’est pas toujours accompagnée de transpiration. Penser à pratiquer dans une salle bien ventilée.

Un contrôle de la fréquence cardiaque peut être utile car de nombreuses études ont montré que l’augmentation de la température corporelle s’accompagne d’une augmentation de la FC, particulièrement lors d’exercices prolongés. Mieux vaut éviter les entraînements durant les journées chaudes, le sauna et hammam, et suggérer le port de vêtements amples et légers lors des séances.

Durant les trois premiers mois de grossesse, renoncer aux exercices avec impacts de type sauts, impulsions etc. En effet, c’est le moment où le fœtus s’accroche à la paroi utérine et il convient de limiter les vibrations. Les pratiques aquatiques répondent en partie au besoin d’exercice de la pratiquante tout en minimisant les impacts.

Cardio-training pendant la grossesse : les exercices aérobies (qui entraînent un léger essoufflement) 50 à 60 % de Fcmt « utilisation du cardio fréquence mètre » favorisent une meilleure oxygénation du placenta et peuvent contribuer à atténuer les problèmes de retour veineux (ex. jambes lourdes ou varices).

Renforcement musculaire :les exercices aident à développer ou à maintenir la force au niveau des principaux groupes musculaires « dorsaux, cuisses, fessiers, abdominaux ».

Des cours collectifs de type Pilates, Swissball, stretching ou yoga, participent à l’amélioration de la qualité de la respiration et au renforcement en douceur du plancher pelvien en postnatal ou prénatal.

La grossesse s’impose comme une période particulière dans la vie d’une femme mais ne devrait pas la conduire à stopper toute activité physique. Au contraire, les bénéfices de l’activité physique durant cette période sont bien établis tant sur le plan psycho-social que fonctionnel ainsi que sur la régulation du poids ou la lutte contre le stress que peut ressentir la future maman.