Piscines : faut-il se jeter à l’eau ?

Piscines : faut-il se jeter à l’eau ?

Profit réel ou perte assurée pour un club ? Doter son établissement d’une piscine, ça coûte cher, mais ça peut rapporter gros. Ou pas. Le point de vue sur la question de deux gérants de club.

« Ni pour, ni contre » André Daussy

Sur les quatre clubs qu’il pilote à Rouen, au Havre, à Aubervillela-Campagne et Bihorel, deux possèdent un bassin quand les deux autres s’en passent. C’est que pour André Daussy, la question ne se résume pas au simple fait d’être pour ou contre l’acquisition d’une piscine dans son établissement, mais relève plutôt de « l’envie de la gérer et surtout d’avoir l’espace nécessaire pour le faire ». Autrement dit, le feu est vert si vous disposez d’une surface d’au moins 4 000 m2, mais passe au rouge en dessous de 2 000 m2. Certes, il reconnaît que le bassin apporte une plus-value à la prestation que peut offrir une salle de sport, mais il n’est pas convaincu pour autant « qu’il attire davantage la clientèle et qu’il contre le low cost ». Point de vue rentabilité ? « Au m2, ça ne rapporte rien. Par contre, au global, oui. » Même si, toujours globalement, l’entretien d’un bassin revient cher selon lui (150 000 € par an, sans les frais de fonctionnement, auxquels il faut ajouter 10 000 € par mois de charges en tous genres dans son cas), et que c’est assez « contraignant à gérer, que ça demande du boulot ». Et de mettre en garde : « Il faut se méfier du miroir aux alouettes : une piscine, ça peut vite devenir un gouffre financier. Beaucoup de responsables de clubs se lancent sans se soucier au préalable des frais annexes, comme l’installation de vestiaires. Il faut vraiment réfléchir avant de se décider, penser au moteur économique de votre structure. Et plus que de se poser la question de savoir si l’on installe oui ou non une piscine dans sa salle, mieux vaut se demander comment vous allez la vendre et la rentabiliser. En fait, la piscine, c’est comme un plateau fitness : ça se gère de la même façon. » www.accrosport.com André Daussy

« Convaincu » Serge Fourcade

Ce gérant-là est un adepte convaincu du bien-fondé d’une piscine pour une salle de remise en forme. Pour lui, le calcul est tout fait : « Au bout de dix ans, les clubs qui n’en ont pas perdent entre 200 000 et 300 000 euros de chiffres d’affaires. » Et c’est d’expérience que ce responsable avance ces propos. Sur les 12 salles qu’il détient (huit à Toulouse, les autres à Albi, Rodez, Montpellier et Narbonne), seules quatre n’en sont pas dotées. Et encore, deux d’entre elles devraient faire l’objet d’en extension dans ce sens. « La création d’un bassin, c’est environ 200 000 €. Il faut les débourser, c’est vrai. Mais il faut surtout voir le chiffre annuel que ça peut rapporter. » Et même les frais d’entretien ou liés aux salaires des maîtres nageurs (quelque 80 000 € en tout pour sa structure) ne viennent pas entamer son  enthousiasme. Comme son confrère André Daussy, Serge Fourcade admet que « la marge est intéressante à partir du moment où l’utilisation est optimisée par l’activité ». Soit, penser à toucher toutes les cibles, par le biais de l’aquababy ou de l’aquaseniors. La tranche intermédiaire est fan d’aquabike ? Pas de problème ! Si le leader de Movida reconnaît avoir investi 30 000 € dans l’achat des vélos, il avoue les avoir rentabilisés sur quatre mois. Comment ? « Avec un bon professeur qui donne envie, de poursuivre l’activité et un volume d’au moins vingt cours par semaine proposés ». Et c’est là un point plus qu’essentiel pour lui : « Offrir une offre de qualité aux adhérents, la plus complète et la plus variée. » Autrement dit : avoir une piscine, c’est bien. Mais proposer un éventail d’activités encadrées par des profs qui donnent envie de les pratiquer, c’est encore mieux. À ce sujet d’ailleurs, son enseigne vient de s’associer avec le CREPS de Toulouse pour proposer une formation spécifique « Movida » aux futurs profs de fitness qui souhaitent se voir délivrer un brevet. Avant de faire de même en 2014 en ce qui concerne l’aquafitness.