Chabal : Après le rugby, le fitness !

Chabal : Après le rugby, le fitness !

Jeune retraité de sa carrière de rugbyman professionnel, Sébastien Chabal n’en a pas encore fini avec le sport. Fort de l’énergie guerrière qui l’habite, il revient aux côtés de Mitch Menaged pour porter à bras-le-corps le programme NFC.

Une montagne de muscles surmontée d’un long catogan. Un visage carnassier habillé d’une barbe drue. Des yeux noirs qui lancent des éclairs. Avec son physique d’Attila, Sébastien Chabal était taillé pour danser le haka aux côtés des All Blacks. C’est pourtant en Europe qu’il s’est illustré jusqu’en mai 2014. Après un titre de champion d’Angleterre, un challenge européen, deux tournois des Six Nations dont un grand chelem en 2010 et deux quatrièmes places en coupe du monde plus tard, Sébastien a décidé de laisser son maillot aux vestiaires. Sans regret. “Ça ne me manque pas du tout, mais alors pas du tout ! Lors de la dernière moitié de saison, je me demandais même ce que je faisais sur le terrain quand je jouais, c’est dire…”, avoue-t-il sans la moindre honte. Alors, retraité cet ancien du XV de France ? De sa carrière sportive seulement !

sebastienchabalÀ 37 ans, celui que l’on surnommait l’Animal lors des matchs qu’il disputait, a encore de beaux jours ouvrés devant lui. Des jours qu’il a anticipé de longue date. “Je pense à ma reconversion depuis plus de cinq ans. Contrairement à beaucoup d’autres sportifs professionnels, je suis arrivé au rugby par hasard. Avant d’intégrer une équipe professionnelle, je travaillais. J’ai donc toujours gardé à l’esprit qu’il fallait penser à «l’après». Lorsqu’on envisage cette question suffisamment tôt, c’est plus facile que lorsqu’on est bouté hors du terrain ! Je souhaite à tous les pros de vivre la même retraite sportive de moi.” Selon lui, “l’après” ne serait qu’une histoire de rencontres, d’opportunités, voire de hasard. Gageons que le psychiatre et psychologue Carl Jung aurait, lui, parlé de “synchronicité”, sorte de “clin d’œil” du destin qui laisse à celui qui le vit un sentiment aussi troublant qu’indéfinissable. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter cet ancien champion parler de la manière dont il est devenu ambassadeur du programme NFC (National Fitness Campaign). Là, ce terme prend tout son sens.

L’AVENTURE NFC

L’aventure NFC débute en 2013, lors d’un séjour de Sébastien à San Francisco. Il est au volant d’une voiture lorsque sa route croise celle d’un Fitness Court en plein air. Interloqué, il s’arrête, et pour cause : depuis plus de deux ans, il conçoit et installe avec son beau-frère Patrick Fontaine des plateaux multisports pour les collectivités territoriales (cf. encadré). Son credo : “le sport pour tous”. “Très sensible aux espaces sportifs en libre accès, je suis allé regarder ce plateau sur lequel plusieurs personnes s’entraînaient. C’était beau, bien fait et conçu de manière très intelligente. Je n’avais plus qu’une idée en tête : rentrer en France et contacter son inventeur”, narre-t-il. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le rugbyman entre en relation avec Mitch Menaged, l’inventeur charismatique du NFC (cf. encadré). Et, comme avec Sébastien, les rencontres ne sont jamais le fruit du hasard, tout s’enchaîne très vite : le voilà propulsé ambassadeur de NFC Europe. N’en déplaise aux mauvaises langues qui lui prêtent volontiers une image de potiche, l’ancien du XV de France et l’Américain s’associent, et Sébastien est aux commandes du programme. “Mitch et moi sommes les deux patrons de la boîte !”, assure- t-il avant d’ajouter qu’il est associé à toute la stratégie. Rencontrer les villes, leur expliquer l’intérêt du programme notamment en termes de lien social, chercher des partenaires privés… La tâche de cet ex-sportif professionnel est vaste mais le jeu en vaut la chandelle. “Si nous réussissons le lancement en France, nous essaierons de percer le marché européen, et continuerons de voir plus loin.

FNC plateau25 sites pilotes en 2015

C’est donc en grand patron que ce grand barbu d’1,91 mètre est venu présenter le programme en France. Une fois de plus, le hasard n’a pas eu sa place dans le calendrier de ce géant. Il a choisi de le lancer officiellement le 25 novembre 2014 lors du 19e Congrès des maires en présence de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. “Il nous semblait naturel de nous placer sous le haut patronage de ce ministère qui partage le même objectif que nous : promouvoir la pratique sportive dans les villes”, justifie Sébastien. S’il est prévu d’installer entre 1000 et 2000 plateaux d’ici dix ans, l’année 2015 devrait voir fleurir 25 sites pilotes. Ces derniers seront implantés dans les villes candidates qui auront manifesté leur volonté d’accompagner ce programme en installant notamment la plate-forme dans un lieu à la fois valorisant et accessible. “C’est un très bel outil. Il est normal qu’il soit mis en valeur”, commente son ambassadeur. Mais ce n’est pas tout : des événements (dont sans doute une grande finale sous la tour Eiffel), des challenges, et des outils virtuels (dont certains communautaires permettant d’interagir, de se retrouver ou de se lancer des défis), viendront étayer l’offre du programme. Parmi ceux-ci, un coach de poche via une application régulièrement alimentée qui permettra aux utilisateurs de tous âges et tous niveaux d’exécuter des mouvements simples à partir des éléments du plateau.

FNC 1NFC origines7 MOUVEMENTS EN 7 MINUTES

7minAdapté à tous les publics, le programme consiste en un Circuit Training de “7 mouvements    en 7 minutes”. Un slogan qui rappelle étrangement celui des “5 fruits et légumes par jour”. “Il faut que ce soit suffisamment percutant pour qu’il pénètre les esprits. Les gens doivent se rendent compte de l’importance de bouger, c’est une question d’hygiène de vie”, illustre Sébastien Chabal. Gainage, poussés, tirés, fentes, montées de genoux… Basés sur le poids du corps, les exercices sont simples et reproductibles partout, même en dehors des plates formes. Inutile donc d’enchaîner quatre heures de marche ou autres activités potentiellement traumatisantes, pour faire travailler son organisme: pour être en forme, il suffit de faire chaque jour les bons mouvements durant moins de 10 minutes ! Les Hexagonaux adhéreront-ils à ce concept ? L’ancien champion en est convaincu. “Lorsque Mitch Menaged est arrivé en France, il a été surpris de voir que les Français ne faisaient pas de sports à l’extérieur, mais les mentalités commencent à évoluer. On voit de plus en plus de gens faire du CrossFit et des Bootcamp.” À l’entendre, il suffira de “mettre un doigt dedans” pour ressentir très vite les bienfaits du programme et… devenir accro !

NFC 2DU RUGBY AU FITNESS

Attila serait-il devenu un fervent défenseur du fitness, discipline a priori très éloignée du rugby ? Et celui-ci d’éclater de rire : “Au début, le fitness, c’était, pour moi, des filles dans des salles de sport en train de monter sur des steps ! J’ai finalement compris que c’est une discipline sportive à part entière qui permet d’entretenir son corps.” Une discipline qui, rappelons-le, inclut la musculation et le cardio, deux spécialités bien connues de l’ancien rugbyman. Lorsqu’il était encore sportif professionnel, Sébastien effectuait en effet trois séances hebdomadaires de muscu (deux en début de semaine et la dernière avant le match), ainsi que des séances de cardio sur le terrain (courses intenses et explosives plutôt que du footing). Son équipe disposait également d’une salle équipée de tapis de course et vélos elliptiques utilisés essentiellement pour la récupération ou en cas de blessure. Sensibilisé au marché du fitness depuis sa conversion au programme NFC, le regard de cet ex-professionnel du sport se veut optimiste. “Si l’offre augmente, c’est que la demande est bien là. Un mouvement est en marche. Tout ce que je souhaite, c’est que cela ne se fasse pas au détriment de la qualité…”, espère-t-il en guise de conclusion.

CHABAL2