Voici un sujet qui revient régulièrement dans la bouche des owners : qu’est-ce que je fais avec les free access ?
« Le fun est dans la communauté » dit Greg Glassman et c’est un des éléments fondamentaux de la pratique. Pour autant dans chaque box, des athlètes – adhérents – souhaitent s’entraîner en dehors des WOD, pendant l’ouverture de la box. Souvent les owners ou les coachs sont présents pendant une plage plus grande que les uniques horaires coachés. La demande est souvent forte de pouvoir profiter de ses plages pour une programmation personnelle ou autre.
Nous nous retrouvons face à un paradigme et un questionnement : dois-je permettre l’accès, comment, à quel moment, pour qui ?
Dans un premier temps, il est toujours intéressant de s’intéresser au Persona de l’adhérent qui opte pour un accès libre. Le persona définit un profil type selon des critères d’âge, de sexe, de catégorie socioprofessionnelle, de comportement d’achats, etc. Le définir nous permet de travailler son discours, sa communication, de détecter les profils et d’apporter une réponse adaptée – préparée – à ses demandes. De plus, il permet de lui proposer une offre commerciale spécifique. Sans réaliser le travail à votre place, nous savons tous qu’un type particulier de profil se dessine. Nous pouvons mesurer maintenant l’impact, positif comme négatif, de ce type de persona.
Dans un second temps, faut-il simplement permettre le free access ? Par nature, il ne correspond pas complètement à la philosophie de la méthode et à tendance à générer des groupes indépendants dans les box. Il peut fragmenter la communauté, voir provoquer « l’exclusion » sociale de l’adhérent. Je revois trop souvent cet athlète traversant la box, sans dire bonjour, mettre ses écouteurs et gérer sa programmation. Mais restons confronter à une demande existante à laquelle il faut répondre positivement, mais avec des règles précises.
Il est important de savoir quel avantage vous tirer de la possibilité de pratiquer du free access. Sur la partie financière, c’est un moyen de conserver son adhérent en lui offrant un service complémentaire. Doit-il être financièrement valorisé ? Nous pensons que non, à partir du moment où l’abonnement de l’athlète lui permet un accès constant à la box.
Le niveau de l’athlète doit être suffisant pour bien sûr ne pas se mettre en danger, puisque la surveillance du coach n’est pas permanente. Il doit avoir une bonne technique et une maîtrise de son entraînement pour pouvoir accéder seul. Vous devez définir concrètement le niveau des adhérents selon votre grille d’analyse.
À quel moment le free access doit-il être autorisé ? Clairement, il faut définir des plages horaires spécifiques si la taille de votre box ne permet pas une séparation nette. Il faut toujours privilégier vos adhérents en WOD coaché. D’un point de vue économique, il est facile de démontrer que l’adhérent le plus rentable s’entraîne de manière traditionnelle en WOD. Pourquoi ? À partir du moment où vous ne courrez pas sur le remplissage de votre salle, c’est-à-dire que vous avez atteint votre seuil de rentabilité économique, la sélection de vos adhérents est primordiale. Les free access ont souvent une tendance de comportement à être très présent dans votre salle et donc le ratio Prix de l’abonnement/Utilisation de la box tend à se diminuer. De plus, force est de constater que ce type de public devient souvent plus exigeant et peut avoir des attentes exagérées.
Il est préférable de ne pas accepter l’utilisation des zones Free Access pendant les horaires de WOD, afin de préserver la qualité de l’accompagnement. Le bruit, le comportement, les discussions sont des éléments qui perturberont votre coaching.
Et comme le dit souvent un owner nantais, « il y a des salles spécialisées en Free Access : c’est nettement plus intéressant économiquement pour les adhérents d’aller là-bas ». Le free access n’est absolument pas le cœur de notre activité : s’il est acceptable à votre philosophie, il ne doit jamais être un pilier de votre activité.
Benjamin CHEVALIER



