Après le sport, le réconfort?

Après le sport, le réconfort?

Très en vogue, les clubs de fitness n’attirent pas que de nouveaux adhérents. Ils attirent également des sportifs de haut niveau qui songent sérieusement à leur reconversion. Enquête.

La plupart entrent tout juste dans le monde adulte et malgré leur jeunesse, ils pensent déjà à l’après. Difficile en effet d’être insouciant quand on est un sportif de haut niveau, et que l’on exerce un métier où, par essence, il est rare de faire de « vieux os ». « Je veux m’assurer un avenir professionnel en cas de blessure ou, plus simplement, si je ne réussis pas à devenir joueur de  rugby professionnel », témoigne  Michael (20 ans). « Je veux pouvoir exercer un métier quand ma carrière cessera », affirme à son tour Jonnah (20 ans). Ce souci du lendemain est aussi parfois complété par l’envie de transmettre. C’est le cas d’Abdellatif (30 ans) : « J’ai entamé mareconversion à l’âge de 29 ans car j’aimerais rendre au sport ce qu’il m’a apporté : de la persévérance, de la progression, du mental, une hygiène de vie, une manière de penser et un état d’esprit. Je sens qu’il est l’heure pour moi d’enseigner. J’ai envie de former, d’encadrer, bref d’être un vrai cadre sportif, tout en restant près du terrain. » Quel que soit leur projet, l’Académie basque du sport (ABS) aide ces jeunes, et moins jeunes, à parier sur leur avenir. Parmi l’offre proposée : des BPJEPS AGFF avec mention « animation de cours collectifs » ou mention « plateau de musculation » permettant de travailler dans des salles de fitness.

Des formations à la carte

À écouter Lucie Larrieste, responsable des formations BPJEPS AGFF, la demande serait en augmentation pour deux raisons : « Nous n’exigeons pas de niveau scolaire minimum. Les sportifs qui ne possèdent pas de diplômes peuvent intégrer l’académie s’ils réussissent les tests de sélection physique, l’entretien oral et l’écrit. En outre, le diplôme se passe en un an, ce qui permet de rentrer rapidement sur le marché du travail. » Néanmoins, pour l’heure, la majorité des futurs coaches sportifs de l’académie sont encore en contrat professionnel avec leur club. Ils ne côtoient donc l’univers du fitness que dans le cadre de leur stage. « Nous aménageons les emplois du temps de nos stagiaires car nous savons qu’il est difficile de mener de front une carrière de sportif, par nature très chronophage entre les entraînements et les compétitions, et une formation diplômante », poursuit Lucie Larrieste. Preuve en est, l’ABS propose à ceux dont l’emploi du temps l’exige, de réaliser leur cursus sur deux ans, un suivi spécifique, des cours de soutien individualisés, une plate-forme 2.0 pour accéder aux cours à distance et des sessions d’évaluation adaptées au calendrier des compétitions.

Quand les rôles s’inversent

« Ces jeunes vivent sous adrénaline toute l’année. Il n’est donc pas étonnant qu’ils souhaitent se reconvertir dans un milieu intrinsèquement lié au sport. Le fitness constitue pour eux une voie royale », analyse la responsable de formation. S’il partage évidemment cet avis, Abdellatif place derrière sa future activité, une dimension sociale. « Je suis convaincu qu’en aidant les gens à atteindre leurs objectifs fitness leur vie sera mieux remplie et plus gratifiante. »L’envie de partager sa passion semble également jouer un rôle majeur pour certains adhérents. C’est le cas de Théo (21 ans) ou de Jonnah qui confie vouloir « donner de la bonne humeur aux personnes qui participeront à [ses] cours ». Essentielle, leur bonne volonté est néanmoins encore insuffisante, comme l’explique L. Larrieste : « Ils possèdent tous une expérience physique indéniable mais ils ne maîtrisent pas forcément l’aspect pédagogique. » En clair : il n’est pas toujours facile de se mettre dans la peau de l’entraîneur contre lequel il est si bon de pester ! « Ils doivent, en outre, apprendre la physiologie et l’anatomie et avoir conscience qu’une fois coach, ils devront s’adapter à tous les publics. Après avoir connu l’entraînement et la compétition, ces jeunes ont une image du sport un peu dévoyée. Or les gens qui fréquentent les clubs de fitness adoptent plus souvent une démarche ludique ou de remise en forme bien loin de ce qu’ils ont connu, ajoute-t-elle. En revanche, leur connaissance de ce milieu et leur habitude à évoluer au milieu d’un groupe de sportifs en fait d’excellents moniteurs. »

L’abc de l’ABS !Centre de formation, de reconversion et d’insertion professionnelle pour sportifs, l’Académie basque du sport (ABS) vise un double objectif : permettre à ses 177 adhérents de la région Aquitaine d’accéder au plus haut niveau de compétition tout en se préparant professionnellement. Ne lésinant sur aucun moyen pour l’atteindre, elle propose des cours de soutien, un suivi pédagogique, un accompagnement personnalisé (scolaire et professionnel), des bilans de compétences et d’orientation et, bien sûr, des formations (BPJEPS AGFF, BTS MUC
). Pas étonnant avec une offre aussi éclectique que son taux de réussite pédagogique frôle les 85 % !Pour en savoir + : www.academiebasquedusport.fr

ACADÉMIE BASQUE DU SPORT – 
Parc des sports d’Aguilera – 64200 Biarritz

Tél. : 05 59 01 00 73

 Retour d’expérience : Abdellatif Boutati, 30 ansQuel sport pratiquez-vous ? Le rugbyPourquoi envisagez-vous une reconversion dans le fitness ? J’ai choisi de devenir préparateur physique de musculation car c’est un métier qui repose sur le développement des qualités physiques, l’endurance et la force. Le coach établit des programmes d’entraînement adaptés à chacun. Le travail peut s’étaler sur quelques jours ou plusieurs années en fonction de la mission.

Quel est l’intérêt pour les clubs de fitness de recruter des sportifs reconvertis ? Nous connaissons le potentiel des athlètes sur le bout des doigts, ce qui nous rend capable d’adapter un programme d’entraînement personnalisé. C’est une vraie plus-value pour un club de fitness.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’univers du fitness ? Je suis convaincu qu’en aidant les gens à atteindre leurs objectifs, leur vie sera mieux remplie et plus gratifiante.

Qu’avez-vous eu besoin d’apprendre plus spécifiquement pour devenir opérationnel dans le domaine du fitness ? J’ai notamment dû enrichir mes connaissances en anatomie, physiologie et diététique.

Retour d’expérience : Laurent Algalarrondo, 28 ansQuel sport pratiquez-vous ? La pelote basquePourquoi envisagez-vous une reconversion dans le fitness ? Parce que j’ai envie d’exercer une activité professionnelle dans le monde du sport. Cerise sur le gâteau : il y a beaucoup de salles à proximité.

Votre formation est terminée, avez-vous trouvé du travail ? J’ai créé une autoentreprise et je donne des cours à temps partiel dans une salle de fitness.

Quel est l’intérêt pour les clubs de fitness de recruter des sportifs reconvertis ? L’image du sportif est intéressante car elle permet aux clubs de l’utiliser comme modèle pour leurs adhérents. Ces derniers peuvent se projeter et s’investir dans leur entraînement.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’univers du fitness ? La diversité des publics rencontrés qui permet d’éviter la routine ainsi que la pluralité des formations (RPM™, Bodypump™…) qui donne aux éducateurs la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences.

Qu’avez-vous eu besoin d’apprendre plus spécifiquement pour devenir opérationnel dans le domaine du fitness ? J’ai dû me familiariser avec des publics que je ne connaissais pas comme les seniors ou les sédentaires et me plonger dans la  pédagogie du projet.