Carton plein pour Arkose et l’escalade de bloc

Carton plein pour Arkose et l’escalade de bloc

On en dénombrait une vingtaine en 2004, elles sont une centaine aujourd’hui. Les salles d’escalade dites blocparks connaissent une véritable expansion en France depuis cinq ans.

Parmi ces Block’Out, Climb’Up et autres Antrebloc, Arkose semble tirer son épingle du jeu et enchaîne les ouvertures. Focus sur un concept qui cartonne.

Le nouveau rendez-vous des jeunes urbains

Si l’escalade évoque d’abord la nature, depuis quelques années, un nouveau phénomène indoor est en train de prendre de l’ampleur en France. L’escalade de bloc. Sans corde ni baudrier, la pratique consiste à grimper des murs de 4,5 mètres en intérieur, en toute liberté.

Ce sont les passionnés réunis dans la forêt de Fontainebleau qui ont inspiré ce concept en salle qui réunit autant les aficionados souhaitant poursuivre l’activité en hiver que les jeunes actifs séduits par une pratique évoquant le grand air. Ici, aucun apprentissage n’est requis, l’escalade indoor fait avant tout appel à l’observation et à la réflexion.

Contrairement à l’escalade de voie qui se pratique avec équipement sur des murs atteignant les 17 mètres, cette nouvelle manière de grimper conjuguant adrénaline et liberté de mouvement conquiert un public de plus en plus large. Au point que Samy Camarzana, ex-ingénieur d’affaires et son cousin grimpeur Steve Guillou, polytechnicien, décident en 2013 de réaménager un ancien garage désaffecté à Montreuil pour en faire une salle d’escalade de 850 m².

Ils sont rapidement rejoints dans l’aventure par un autre grimpeur, Grégoire de Belmont et un 4e associé, Lyes Mekesser. Ensemble, ils entendent non pas réinventer la pratique qui existait depuis 1995 avec l’ouverture de la première salle de grimpe à Aix-en-Provence, mais proposer une offre plurielle rassemblant escalade, offre de restauration, bar, espace chill, coworking, yoga/stretching, sauna et boutique dédiée : « Chez Arkose, les espaces sont conçus comme des lieux de vie urbains où l’escalade de bloc joue un rôle central, explique Grégoire de Belmont, codirecteur.

Ici, on a la possibilité de prolonger la convivialité de ce sport autour d’une bière ou d’un repas. » Et ça marche. Six ans plus tard, les 4 associés comptent 13 salles en France et accueillent 1,2 millions de grimpeurs chaque année. Leur salle parisienne située à Nation (première salle d’escalade de bloc dans la capitale) reçoit à elle toute seule jusqu’à 800 personnes par jour.

De quoi multiplier leur chiffre d’affaires par deux entre 2017 et 2018 et atteindre les 16 millions d’euros (à raison de 800 000 € à 4 millions de chiffre d’affaires par salle).

Les raisons d’un tel engouement

À l’heure où les professionnels du fitness rivalisent d’inventivité pour capter l’attention du public, comment expliquer que des salles dénuées de matériel et de coachs et proposant de simples murs d’escalade suscitent autant d’intérêt ?

Pour Grégoire de Belmont, l’escalade de bloc a l’avantage de se pratiquer seul, sans prise de rendez-vous, quel que soit son niveau de départ : « L’escalade indoor est un sport libre et accessible qui se fait sans manipulation de cordes, reprend le passionné. On peut démarrer l’activité instinctivement dès la 1re minute de la pratique.

Le grimpeur doit réfléchir à une série de prises pour atteindre le haut du mur avec des niveaux de difficulté variables. Nous en proposons 6, distingués par des couleurs. Cela donne lieu à des échanges sur le tapis entre grimpeurs pour trouver la meilleure stratégie à adopter. On peut aussi venir avec des personnes de niveaux différents, car les blocs faciles et difficiles sont côte à côte.

Ce qui change, c’est la taille des prises et l’ampleur des mouvements. C’est donc une activité à la fois psychologique, physique et conviviale. »De la réflexion, du bien-être, mais aussi de la musculation puisque grimper fait appel à tous les groupes de muscles de manière harmonieuse et synchronisée.

De quoi travailler agilité, équilibre, souplesse, ou encore gainage. Et pour accroître le niveau de difficulté, les grimpeurs ont le choix entre des murs à « dévers positif ou négatif », les seconds étant conçus pour rendre l’effort physique plus intense en raison de la gravité. 70 % des clients de ces blocparks Arkose sont des hommes âgés entre 20 et 35 ans. Le week-end, le public de ces salles est plus familial, la pratique étant ouverte aux moins de 5 ans dans des espaces adaptés.

Les coulisses d’un succès

Avec deux nouvelles ouvertures à Nice (1 750 m²) et Lille (1 000 m²) en mars 2020 et des projets à l’international dans des villes comme Bruxelles, Madrid et Barcelone, tous les feux sont au vert pour Arkose qui emploie aujourd’hui près de 300 salariés. Une réussite qui va au-delà de la simple passion pour la grimpe.

En effet, les associés ont dû développer les fonctions supports pour gérer l’exploitation réelle des salles en termes d’accueil du public et de propreté des espaces ouverts 7 j/7, 365 jours par an. Même chose du côté de la stratégie de communication conçue pour attirer les jeunes actifs en associant escalade et images positives de nature, ou encore souligner la similarité de la pratique outdoor et indoor.

Côté restauration, Arkose choisit de faire appel exclusivement aux circuits courts et promeut là aussi la dimension écofriendly. Sans oublier les boutiques qui proposent du matériel d’escalade éco-orienté de la marque Patagonia et Snap, rachetée par Arkose il y a deux ans.

Cette dimension écoresponsable sert justement de levier de différenciation pour les associés qui expliquent choisir des bâtiments déjà existants pour réduire l’impact carbone, et opter pour le réemploi et les matériaux recyclés dans la décoration de leurs salles. De l’escalade donc, mais pas que.Pour une séance de grimpe, compter 15 € pour les adultes, 8 € pour les moins de 12 ans, et 6 € pour les moins de 5 ans.

L’abonnement annuel coûte 530 € soit 48 € par mois, et le carnet de 10 entrées 130 €.Arkose propose aussi des cours à l’année, des stages de vacances et des cours particuliers. Preuve que la discipline suscite l’engouement du public, elle sera présente pour la première fois aux prochains Jeux olympiques de Tokyo.

 


Sarah Kanga

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