Le 5 mars 2026, EGYM a frappé fort. Simultanément à Munich, Londres, Lyon et dans plusieurs capitales mondiales, l’équipementier allemand a levé le voile sur sa Smart Strength Series 3 — et inauguré au passage son nouveau siège londonien à Paternoster Square. Un double signal qui ne doit rien au hasard : EGYM ne vend plus des machines, il vend une infrastructure.
Pour les exploitants français qui suivent l’évolution du marché de l’équipement connecté, cette annonce mérite une lecture attentive. Pas parce qu’EGYM communique bien — c’est acquis depuis longtemps — mais parce que ce lancement cristallise une tendance de fond qui redessine les critères d’achat dans nos clubs.
Ce que la Series 3 apporte concrètement sur le plateau
Sur le plan hardware, EGYM annonce une refonte ergonomique sérieuse : sellerie moulée en 3D, angles de prise en main optimisés, chemins de mouvement recalibrés. Ce n’est pas cosmétique — ce sont les points de friction qui, sur la durée, déterminent le taux d’utilisation réel des machines et la satisfaction des adhérents.
L’écran passe à 18,5 pouces positionné à hauteur des yeux, avec connexion NFC par smartphone. L’objectif affiché : zéro friction au démarrage de la séance. Pour un exploitant, cela se traduit directement en réduction du temps mort sur machine et en meilleure fluidité aux heures de pointe.
La LED intégrée et le design slim participent d’une logique premium assumée. Dans un marché où les boutiques studios et les clubs haut de gamme tirent la croissance, l’esthétique du plateau n’est plus un détail — c’est un argument de vente auprès des prospects membres.
L’argument central : la fin des données en silos
C’est là que le discours d’EGYM devient stratégiquement intéressant. La Series 3 n’est pas un produit isolé : elle s’inscrit dans l’EGYM Ecosystem, présenté comme un système d’exploitation complet pour la gestion fitness et bien-être.
Le problème des données cloisonnées est réel et coûteux pour les opérateurs. Un adhérent dont le programme de musculation ne dialogue pas avec son suivi cardio, sa progression mensuelle ou son dossier santé, c’est une expérience fragmentée — et une opportunité de rétention manquée. EGYM positionne son écosystème comme la réponse architecturale à ce problème.
Les machines ajustent automatiquement les résistances en temps réel selon le plan individuel de l’adhérent. C’est la promesse d’un entraînement personnalisé à l’échelle — sans mobiliser un coach sur chaque machine, sans dépendre de la mémoire de l’adhérent.
EGYM WELLPASS : la porte d’entrée vers le corporate wellness
L’extension vers le secteur entreprise via EGYM WELLPASS mérite l’attention des franchiseurs et des réseaux multi-sites français. Le corporate wellness représente un levier de diversification des revenus encore sous-exploité dans l’hexagone, notamment pour les clubs situés en zones tertiaires ou dans les grandes agglomérations.
En connectant l’écosystème club à une offre B2B entreprise, EGYM ouvre théoriquement un canal d’acquisition de nouveaux membres — les salariés — tout en générant des revenus additionnels pour l’exploitant. La mécanique est connue ; l’intégration technologique fluide est ce qui manquait souvent pour la rendre opérationnelle sans friction administrative.
Le vrai débat : produit vs système — ce que ça change pour vos achats
Philipp Roesch-Schlanderer, cofondateur et CEO d’EGYM, formule la thèse centrale sans détour : « Les produits peuvent être copiés. Un système intégré et apprenant, construit sur des années de données, ne peut pas l’être. »
C’est un argument commercial, certes. Mais il pointe une réalité que les acheteurs d’équipement français doivent intégrer dans leurs grilles d’analyse. Quand vous investissez dans un parc machines aujourd’hui, vous n’achetez plus seulement du fer et de l’électronique — vous choisissez un partenaire technologique de long terme, avec tout ce que cela implique en termes de dépendance, de mises à jour, de coûts de sortie.
La question n’est pas de savoir si la Series 3 est meilleure que la Series 2. Elle est de savoir si votre stratégie opérationnelle bénéficiera d’un écosystème fermé mais puissant, ou si vous préférez maintenir une architecture ouverte avec plusieurs fournisseurs. Les deux logiques ont leurs mérites — et leurs risques.
FIBO 2026 : rendez-vous en avril à Cologne
La Smart Strength Series 3 sera exposée au FIBO de Cologne en avril 2026, le rendez-vous incontournable pour les décideurs du fitness européen. Pour les exploitants et acheteurs français qui souhaitent évaluer le matériel en conditions réelles, c’est l’occasion de confronter le discours marketing à l’expérience terrain.
Au-delà du stand EGYM, FIBO sera cette année un baromètre précieux sur la maturité réelle du marché de l’équipement connecté en Europe. La Series 3 n’est pas seule sur ce segment — et la comparaison directe entre écosystèmes concurrents sera instructive pour quiconque prépare un renouvellement de parc à horizon 2026-2027.



