Êtes-vous plutôt « social club »ou salle de fitness ?

Êtes-vous plutôt « social club »ou salle de fitness ?

Nous le savons tous depuis longtemps : il faut bien 10/12 ans pour que ce qui voit le jour outre-atlantique parvienne à s’imposer à la « vieille » europe, et tout particulièrement chez nous, en france.

S’adapter ou…

Le low cost (vous savez, ce qu’on appelait dans d’anciens temps « la salle de gym »), dont la France fait – pour une fois – figure de proue en Europe, a démontré combien le fitness ne pouvait échapper plus longtemps aux 4P du marketing-mix (Product, Price, Place, Promotion). Mais, une fois passée la vague des pionniers qui ont raflé la mise, les marges à 2 chiffres se sont faites plus rares (concurrence oblige) et les groupes se font et se défont désormais, au gré de stratégies de croissance pas toujours les plus inspirées. La vague CrossFit quant à elle, sans pour autant faiblir, montre ses limites quant à son potentiel de développement. Quoi qu’il en soit, gros ou petits, affiliés ou indépendants, les seuls à tirer leur épingle du jeu sont ceux qui se sont construits selon le maître-mot : adaptabilité. Si vous êtes de ceux-là, alors vous savez déjà surfer sur les modes, c’est-à-dire les oublier au profit des suivantes. Il est pourtant un mouvement qu’il vaut mieux considérer dans sa durabilité, car il induit de nouveaux comportements, bouleverse nos modes de vie et impose ses lois nouvelles à tous les modèles économiques : les réseaux sociaux.

 

L’alignement des planètes

Si la formule abonnement des salles multi-activités a été battue en brèche par le low cost, celui des boutiques gym, supposées « à taille humaine » et dont le principe du tarif à la séance séduit une clientèle grandissante, semble bénéficier aujourd’hui d’une conjonction d’événements particulièrement favorables. Pour qui souhaite s’engager dans la voie, voici quelques considérations susceptibles de vous aider à cerner au mieux ce concept.

Le système « Pay as you go »

À l’image des vidéo-clubs (n’est-ce pas, Netflix ?) qui fonctionnaient selon le principe de l’abonnement permettant l’accès au catalogue complet et qui ont basculé vers le « pay per view » à l’arrivée du numérique, avec la boutique gym, je ne paye que ce que je consomme sans m’engager dans une dépense annuelle. Ce concept vient bien sûr s’opposer à celui du « all inclusive » sur lequel reposent encore nombre de clubs de moyenne gamme, contraints au perpétuel renouvellement de l’offre pour survivre. Mais les consommateurs d’aujourd’hui, particulièrement les Millennials, ne veulent plus payer pour ce qu’ils ne consomment pas.

Vous avez dit « social » ?

Si le métier a fini d’achever (dans la douleur) sa révolution numérique, il peine encore à appréhender la dynamique des réseaux sociaux. Forcés par un mouvement culturellement disruptif, mais devenu incontournable, les clubs ont fini par s’y plier, mais ont encore pour nombre d’entre eux une vision bien trop égocentriste de la notion de réseau. La vision « Social Club » est la réponse à cette problématique : faire de son club un point de ralliement dont les membres vont assurer d’eux-mêmes la promotion en réseau, avec force selfies et commentaires de leur vécu.

Bienvenue au social club !

Dans les complexes américains qui ont servi à la construction du modèle des salles traditionnelles françaises, la répartition de l’espace est de l’ordre de 80 % de surface consacrés à la musculation et aux cours, 10 % aux vestiaires et les 10 % restants à l’accueil. Cette répartition, toujours en vigueur dans nombre de salles en France est révélatrice : le temps de passage du membre dans l’établissement est cadré de façon à ce qu’il colle à son activité sportive et à rien d’autre. Il doit aussitôt céder sa place au suivant. En termes d’efficience, on peut difficilement mieux faire. En termes de convivialité et de réponse aux concepts communautaires d’aujourd’hui, on est loin du compte.Que vous optiez ou non pour une boutique gym, favorisez un esprit « Social Club » en (re)définissant une répartition de 25 à 30 % accueil, 25 à 30 % vestiaires, 40 à 50 % activités (dites plutôt « studios » !). Cette tendance à privilégier l’espace social est déjà impulsée chez EPISODE, BARRY’S BOOTCAMP, SUMMIT CYCLE, mais aussi à L’USINE Saint-Lazare, WELL & FIT, ON AIR ou encore CHAMPION SPIRIT. Autant de clubs auxquels ACTECH, que j’ai le privilège de diriger, a apporté son savoir-faire en termes de mobilier, d’éclairage et d’astuces de décoration, y compris les plus improbables, avec la collaboration de FIT INTERIORS.

Un agencement qui sort du cadre

Désormais, l’accueil est un lieu de ralliement. De nouveaux comportements voient le jour, ce qui conduit les membres à se retrouver dans une ambiance plutôt festive où tout doit être conçu pour faciliter le regroupement et le partage : bar à cocktails, boissons énergétiques revisitées, grand espace façon table d’hôte. Fini les petits espaces cosy où on attend son partenaire d’activité, place au collectif, place à la communauté, au lieu où tous se retrouvent (votre établissement !), parfois même 1 ou 2 heures avant le cours ! La zone d’activité devient alors la partie d’un tout, voire un unique prétexte à cohésion communautaire. Autant dire que mobilier, décoration, style, éclairage… tout doit concourir non seulement au bien-être de la communauté, mais à l’image qu’elle ne manquera pas de véhiculer de votre « Social Club », à renfort de selfies et de filtres Insta.

Mobilier et matériel premium

Les tendances du moment ne sont pas seulement des marqueurs de style, elles vont de pair avec de nouveaux usages qui obligent à adapter le mobilier, mais aussi la circulation, à redéfinir l’essentiel de l’accessoire. Là on veillera à proposer des casiers de consigne disposant d’un système de recharge des appareils mobiles, ici c’est la déco hipster qui s’imposera, ailleurs un vestiaire factory flanqué d’appliques steampunk équipées d’ampoules Edison… Quitte à flatter les tendances du moment, pourquoi ne pas envisager de nouveaux services aussi inattendus que cohérents comme un barbier ou un salon de tatoo ?


Alain Eidel

Directeur commercial ACTECH