Hervé rivoal l’homme qui savait séduire les femmes

Hervé rivoal l’homme qui savait séduire les femmes

Il n’imaginait pas, à ses débuts, lorsqu’il « vivait encore dans son bureau », être un jour à la tête d’une affaire qui pèse 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il ne s’en cache pas : pour y parvenir, Hervé Rivoal a bossé dur. Si l’on décèle rapidement chez ce quadra originaire de Brest des qualités telles que la ténacité et la persévérance, il en est une autre dont il semble doter : le feeling.

Flashback : il y a tout juste vingt ans, diplôme de commerce en poche, l’homme fait son entrée dans le monde du fitness.
Un club Gymnasium est en vente à Saint-Etienne. Il le rachète. On est à l’âge du fitness « classique » comme il dit. Hervé Rivoal innove en y implantant le cardio-training et l’aquagym, suivi un peu plus tard par la sacro sainte trilogie piscine-hammam-spa. En trois ans, il triple la superficie du lieu et son chiffre d’affaires est multiplié par six. Arrive 1995 et l’envie de rejoindre une grande ville. Ce sera Lyon, pour laquelle il revend Gymnasium Saint-Etienne, avant d’y ouvrir un autre club de 2200 m2 sous la même enseigne.

Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous : la première année se clôture sur une enveloppe de quelque 10 millions de francs (1,5 M€). L’aventure se poursuit encore durant deux ans, mais très vite Hervé Rivoal est titillé par l’envie de créer sa propre marque : « 24 heures fitness ». Le concept est à peu de choses près  identique à celui qu’il a développé auparavant, avec la spécificité toutefois d’ouvrir ses portes jusqu’à minuit durant la semaine.

Trois ans plus tard, « 24 heures fitness » est présent dans une cinquantaine de villes de l’hexagone : nouveau succès. « Mais les années suivantes ont été plus difficiles. En 2001-2002, le fitness a connu sa crise, notre chiffre d’affaires a chuté de 37%. Dans le même temps, l’Etat nous a imposé d’employer un  maître nageur-sauveteur pour encadrer les piscines, ce qui a augmenté considérablement nos charges, en parallèle, le crédit à la consommation fut retiré dans les clubs. Le modèle économique était mis à rude épreuve », commente l’homme d’affaires. Une expérience qui le conduit alors à une réflexion longue et profonde, inspirée de sa connaissance du secteur. « J’ai eu envie de créer un univers 100% féminin. Sur les 4500 adhérents que comptaient mes clubs précédents, 3000 étaient des femmes. Alors j’ai réalisé, via une société de télémarketing, un sondage auprès de la gente féminine pour connaître ses attentes en matière de salle de fitness. 61% d’entre elles y viennent dans l’optique de modifier leur silhouette,  seules 15% sont de vraies sportives. Et deux-tiers espèrent pouvoir acheter dans leur salle de sport un produit dans ce but d’amincissement », expose encore Hervé Rivoal.

En 2002, ses analyses sont peaufinées et il décide de se lancer en s’appuyant sur les bases de son raisonnement, à savoir l’amaigrissement et le raffermissement de la silhouette féminine. « Lady Fitnessthétique Center » voit le jour avec l’idée d’offrir à ces dames, sport et esthétique sous le même toit. « Le centre idéal pour les femmes. Mais si le chiffre d’affaires était au rendez-vous, le modèle économique n’était toujours pas équilibré, les coûts de structures élevés ». L’entrepreneur revendra deux ans plus tard son 400 m2. La nouvelle salle où il s’implante est de moitié plus petite, et il modifie légèrement le concept de son idée initiale : « Lady Fitness » n’est plus un centre où les soins esthétiques ont la place belle, même si c’est bien l’esthétique qui y prend toute la place. Le nouveau créneau se focalise essentiellement sur l’amincissement, avec des appareils sportifs ciblés pour  faire travailler le bas du corps de façon spécifique, le tout sous la supervision d’un coach. L’accès à la salle est quant à lui rendu disponible à volonté aux clientes et (et c’est une première mondiale), chaque membre se voit délivrer une ceinture cardiaque personnalisée sur laquelle s’affiche son prénom. Le prix des abonnements ? Entre 39€ et 59€ par mois. Succès ! Dix ans et 100 000 clientes plus tard, les clubs « Lady Fitness » ont gagné du terrain, se retrouvant dans près de quarante villes françaises tout en rayonnant à l’étranger dans des pays tels que le Maroc, la Belgique, le Luxembourg et les Dom Tom. Le groupe qui emploie 500 personnes réparties entre l’hexagone et l’étranger s’est assuré une croissance de 7% en 2011, « Je pensais que le marché du fitness était une niche en France mais j’ai découvert qu’en le ciblant sur la femme, c’était tout sauf une niche », renchérit Hervé  Rivoal.

La clé de la réussite selon lui ? « Avoir su être à  l’écoute du marché, de l’attente des clientes, c’est ça la source du chiffre d’affaires ». A bon entendeur…

 

Point de vue :
Forme Express, le plan low cost Hervé Rivoal a plus d’un tour dans son sac ! Conscient que l’avenir du fitness risque d’être compliqué, crise oblige, il s’est aussi lancé en 2010 dans le low cost « à vocation haut de gamme »,
un concept de centre de remise en forme mixte proposant des accès en salle de six heures à vingt-trois heures, sept jours sur sept. En six mois, il a déjà développé quatre clubs et six autres verront le jour cette année.

 

La méthode Lady Fitness :
Un livre « 30 minutes pour mincir, la méthode Lady Fitness », c’est l’ouvrage conjointement rédigé par Lydie Doit, Hervé Rivoal et Eric Favre. On y découvre toute une série de conseils (et d’exercices) à mettre en place à la maison de façon à réussir au mieux la fusion forme et nutrition. En bref, il s’agit d’un programme fondé sur une approche fitness conjuguée à des conseils nutritionnels et sportifs, le livre  démontrant que pour bien mincir, les deux vont de paire.

par Emmanuelle Brabant,
photos Cédric Darbord