Interview de Matt O’toole : Directeur Monde de Reebok

Interview de Matt O’toole : Directeur Monde de Reebok

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À l’occasion de l’ouverture de son premier concept store et de sa CrossFit Box à Paris, le Président de Reebok monde, Matt 0’Toole, a fait une escale de quelques jours en France. Une occasion unique pour lui poser toutes les questions sur sa marque et sur le fitness !

Fitness Challenges : Comment se porte le marché du fitness aux USA ?

Matt 0’Toole : Ce marché traverse actuellement une période que je qualifierais de « très excitante » ! Cette discipline est, non seulement en train de se transformer mais aussi d’exploser. Pourquoi ? Parce qu’elle a su proposer de nouveaux concepts et fédérer une communauté de gens qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes centres d’intérêt. Avant, les gens se retrouvaient pour aller au cinéma. Aujourd’hui ils se retrouvent dans leur club de sport ou dans un parc pour participer à une session de yoga en extérieur. La dimension sociale est devenue beaucoup plus forte. C’est flagrant quand on regarde le succès du CrossFit. Ce succès arrive en France, pays qui est en passe de devenir un vrai centre du fitness. Nous comptons d’ailleurs y prendre toute notre place !

FC : Reebok a développé des concepts et projets très pointus en France comme le Jukari Fit to Fly. Reebok University a également connu un grand succès dans l’Hexagone, il y a 20 ans. Pourquoi avoir arrêté ces aventures ? Vu de loin, on a l’impression qu’il n’y a pas de stratégie à long terme.

M.T. : Certaines marques perdent leur identité. Nous, c’est exactement le contraire : nous voulons revenir à notre identité première. Cela ne saute peut-être pas aux yeux, mais nous travaillons à cet objectif depuis plusieurs années. Nous sommes sortis de l’univers du tennis, des sports d’équipe aux États-Unis et du football, pour nous concentrer sur le fitness. Fini le recours aux catalogues comme c’était le cas il y a 20 ans ! Nous utilisons désormais les équivalents du xxie siècle parmi lesquels le réseau « Reebok One » pour les professionnels. Il s’agit d’une sorte de Facebook qui permet aux coaches d’échanger sur les programmations, les produits, etc. Je suis convaincu que c’est le fitness au cœur de la marque qui va nous faire avancer.

FC : Avez-vous l’ambition de devenir la marque leader dans le fitness en France et en Europe ?

M.T. : Clairement oui ! Nous voulons vraiment construire une identité forte pour les consommateurs de fitness, un peu comme l’a fait Adidas dans le monde du football. Mais c’est un processus qui demande du temps.

FC : Envisagez-vous alors d’ouvrir des « Reebok club » à Paris ?

M.T. : Non, pas du tout ! Notre rôle consiste à fournir du matériel (chaussures et textile) pour le fitness et notamment pour les activités liées au CrossFit, au Spartan Race ou Les Mills™.

FC : Reebok figure déjà dans le top 5 des équipementiers leaders dans le monde. Que vous apporte le partenariat avec Les Mills ?

M.T. : Les Mills™ en France, ce sont 6 000 à 7 000 instructeurs en contact avec 2 millions de pratiquants chaque semaine. À l’instar de CrossFit et Spartan Race, c’est un partenaire majeur qui renforce la crédibilité de Reebok dans le monde du fitness. Ces différents partenariats nous ont conduits à concevoir des produits spécifiques pour chacune de ces pratiques. Pour nous, c’est ça la nouvelle façon de repenser le fitness ; un fitness résolument moderne qui se décline en trois dimensions : le physique, le mental et l’aspect social/communautaire. Aujourd’hui, le fitness se pratique en groupe, entre amis ou entre collègues. La plate-forme Reebok One suit cette tendance mais au niveau professionnel. Plus globalement, ces partenariats doivent nous conduire à mêler le « savoir être en forme » avec le « être bien dans sa vie ».

FC : Envisagez-vous de développer des équipements home fitness ?

M.T. : À ce jour, non. Nous n’y sommes pas opposés, mais je crois que cela ne correspond pas à l’attente des particuliers. Le fitness a acquis une dimension sociale qui se décline en groupe, à l’extérieur des maisons.

FC : Comment voyez-vous l’avenir du fitness ?

M.T. : Le fitness suit la même évolution que celle du commerce en général. Initialement, les consommateurs plébiscitaient les grands centres commerciaux. Les malls aux États-Unis en sont la parfaite illustration. Or, les gens délaissent aujourd’hui ces hypermarchés pour les petites boutiques plus intimistes. Les personnes qui pratiquent le fitness ont envie de se retrouver entre amis pour partager des moments conviviaux dans des centres de taille humaine qui se prêtent à cette convivialité.