Interview de Sandrine Bonelli : Les clubs Vit’halles

Interview de Sandrine Bonelli : Les clubs Vit’halles

C’est officiel : depuis le 26 avril, Bertrand et Sandrine Bonelli sont les heureux propriétaires des 8 clubs Vit’halles placés en liquidation judiciaire. Désormais les Cercles de la forme ne comptent plus 9 mais 17 établissements. Un chiffre qui installe cet homme d’affaires en position de leadership sur la place parisienne. Interview avec Sandrine Bonelli.

Vous passez de neuf clubs à 17 avec le rachat des huit établissements Vit’halles. Les Cercles de la forme sont devenus leader sur la place parisienne. Quels sont vos principaux concurrents ?

Je n’aime pas tellement le mot « leader » car nous ne sommes pas dans une guerre de territoire ! Une chose est sûre en revanche, nous devenons des acteurs importants. Néanmoins, même avant ce rachat, nous occupions déjà une place particulière du fait de notre gamme de cours très éclectique proposée à côté des activités de fitness. C’est d’ailleurs ce qui faisait notre force face à de grandes chaînes comme le CMG Sports club.

Confirmez-vous le rachat de ces clubs suite à un jugement de liquidation judiciaire ?

Tout à fait. Nous avions en face de nous Energie Forme, CMG Sports Club, et Moving qui s’est finalement retiré au second tour. D’un côté, je pensais que nous serions plus nombreux et que des chaînes internationales se positionneraient car une liquidation judiciaire est toujours un moyen d’obtenir des clubs à bon prix. D’un autre côté, tout le monde savait que Vit’halles avait près de 10 millions de dette. Cela peut faire peur…

La bataille n’a donc pas été si difficile ?

Plus que difficile, elle a été longue car il y a eu plusieurs reports. C’était davantage une guerre des nerfs qu’une guerre sanglante !

Combien avez-vous mis sur la table pour remporter la mise ?

Je n’ai pas suivi la négociation finale mais nous en étions autour d’1,5 million. Certes nos clubs fonctionnent bien mais nous n’aurions jamais pu mettre cette somme sans l’aide de CMCIC Capital Finances, le fonds d’investissement entré dans notre capital l’année dernière. Nous avons la chance qu’il nous suive de A à Z.

Peut-on affirmer que ce rachat correspond à une volonté de développement des Cercles de la forme ?

Ce rachat correspond évidemment à notre politique de développement mais nous ne voulons pas grandir n’importe comment. La liquidation judiciaire était un bon moyen de le faire. Là, je pense que nous allons consolider l’acquis, le temps de faire les travaux nécessaires, mais je doute que nous nous en restions là ! Si une bonne occasion se présente, il est probable que nous la saisissions. Je voudrais cependant ajouter que ce rachat était également un signe fort pour empêcher que les clubs ne se transforment en supermarchés, piste qui a un temps été évoquée. Si personne du métier ne les avait repris, les 160 employés de Vital se seraient retrouvés au chômage et les 20 000 adhérents sur le carreau. Cela aurait, en outre, renvoyé une très mauvaise image de la « santé » de la profession.

Comptez-vous garder les huit clubs ou vous séparer d’un certain nombre ?

À ce jour, nous n’avons pris aucune décision. A priori, nous souhaitons tous les garder, exception faite du Spa qui appartenait au Club Dauphine (16e arrondissement) et dont nous nous sommes déjà séparés. Mais nous nous posons des questions pour ceux situés à Roissy et Mareuil-lès-Meaux (77) car leur gestion, du fait de leur éloignement géographique de Paris, sera peut-être un peu compliquée.

Les huit clubs sont-ils tous déjà sous l’enseigne des Cercles de la forme ?

Absolument ! Le jugement a eu lieu le 26 avril dans la matinée et à 14 heures les enseignes étaient déjà changées ! Nous avons juste gardé une référence au premier club Vit’halles ouvert il y a trente ans à Beaubourg, car il a une vraie histoire. C’est un moyen de rendre hommage à son passé !

Comptez-vous rester sur la même gamme ou proposer des offres diversifiées selon les centres ?

Nous allons rester sur une seule et unique gamme : la nôtre. Les clubs Vit’halles « low cost » qui étaient sous enseigne « Daily Move » et le Club Paris Dauphine (16e) classé « premium » vont donc s’aligner sur les offres et tarifs des Cercles de la forme. En dehors des clubs anciennement « Daily Move », nous n’allons donc pas augmenter le prix des abonnements. Les adhérents vont bénéficier des travaux et du changement de matériel sans avoir à en supporter les coûts. Nous ne fermerons pas pendant les travaux sauf événement exceptionnel. Cela fait partie de notre politique. Nous nous sommes rendu compte que les clients préféreraient avoir accès à leur club en l’absence temporaire de douche plutôt que de trouver porte close.

[pullquote]Les Cercles de la forme à Paris et très proche banlieue :
BEAUBOURG (3 e)
ST-LAZARE (9 e)
RÉPUBLIQUE (11 e)
BASTILLE (12 e)
DIDEROT (12 e)
NATION (12 e)
RASPAIL (14 e)
LECOURBE (15 e)
PTE DE VERSAILLES (15 e)
DAUPHINE (16 e)
BATIGNOLLES (17 e)
MAILLOT (17e)
ORNANO (18e)
BOLIVAR (19e)
CHATILLON (92)
Informations : www.cerclesdelaforme.com[/pullquote]

Les 17 centres vont-ils tous proposer les mêmes activités ?

Non, mais ce n’est déjà pas le cas. Il y a bien sûr une trame commune mais les activités dépendent du quartier et de la configuration des lieux. Ces deux paramètres expliquent que, selon les clubs, il existe ou non des cours pour enfants et plus ou moins de danse ou d’arts martiaux. Nous allons prochainement commencer une étude de marché autour de chaque nouvel établissement pour voir quel type d’offre proposer aux clients. Si certains quartiers sont plus familiaux que d’autres, nous mettrons en place le nouveau programme Les Mills™ « Born to move » et veillerons à offrir des cours de judo pour enfants.

Le personnel des anciens clubs Vit’halles va-t-il recevoir une formation ?

C’est en effet prévu. Il y a eu beaucoup de flottement dans ces clubs durant les deux dernières années. Actuellement, nous faisons le point sur leur situation et, en fonction de nos analyses, nous proposerons des formations internes et externes adaptées aux coaches et aux commerciaux.

Que peut-on vous souhaiter de plus que « bonne chance » pour la suite ?

Deux bras et deux jambes de plus ! Plus sérieusement vous pouvez nous souhaiter de continuer à nous développer sans perdre notre ADN. Notre objectif doit rester le même : proposer une large gamme de cours à nos adhérents, rester proches de leurs problématiques et, bien sûr, de nos employés.