INVESTIR dans la formation continue :

INVESTIR dans la formation continue :

Elément incontournable de la réussite de nos clubs de fitness traditionnels.

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Aujourd’hui, la sédentarité est la cause de nombreux maux.

Les adultes sédentaires souffrent au quotidien : douleurs chroniques, troubles du métabolisme, surpoids, stress, soucis de digestion d’addictions… Pratiquer du fitness adapté, dans la logique du «sport santé», devrait être une solution pour pouvoir résoudre bon nombre de ces problèmes.

Et pourtant, en janvier 2014, l’Équipe magazine achevait son dossier d’une dizaine de pages sur les salles de remise en forme par la conclusion suivante : “le seul abonnement que l’on a envie de prendre (après ces reportages dans les salles), c’est chez un bon kiné”.

Malheureusement, à l’heure où tout le monde sait qu’il faut faire une activité physique régulière pour être en bonne santé, les clubs de fitness ne sont pas les lieux de prédilection des Français et des Françaises pour se remettre à bouger. La plupart des personnes (74%) pratiquent hors cadre, et le taux de pénétration des clubs, même s’il est relativement croissant, reste faible (7,5 %).

Pourquoi nos concitoyens s’inscrivent peu dans les clubs de fitness traditionnels ?

Explications sociologiques :

  • La tradition ultra-médicalisée de la santé : contrairement aux pays anglo-saxons à la culture protestante et au sens de la responsabilité individuelle très développée, la prévention des maladies par l’hygiène de vie équilibrée est peu présente. On s’en remet à la médecine pour se remettre en forme quand on est en souffrance. Et si l’on veut faire du sport, il faut que cela coûte très peu cher ou soit remboursé par la Sécurité sociale.
  • Le côté rigide, viril et contraignant du sport traditionnel qui a “dégoûté” au collège et au lycée bon nombre de personnes devenues adultes, qui disent détester le sport.
  • La tradition associative puissante : le “sport santé” est relayé par les fédérations de gymnastiques d’entretien qui sont bien plus soutenues, de par leur statut, par les pouvoirs publics et le corps médical, que les structures privées.
  • Des représentations caricaturales fortes qui associent le fitness à un manque de sérieux, un vide de contenu, des pratiques commerciales douteuses et des pratiques superficielles.

Mais si les compétences des encadrants de la remise en forme étaient avérées, elles seraient reconnues, vantées et relayées. Or, les professionnels de la remise en forme, souvent, ne semblent pas très fins, ou obsédés par leur physique, à l’image de Brad Pitt dans Burn after Reading des frères Cohen.

Force est de constater que, dans bon nombre de clubs, l’encadrement sportif laisse à désirer, du point de vue du client :

  • Les “coaches” plateau – quand il y a en a – jouent avec leur portable plutôt que de s’occuper des gens, ou d’y faire respecter les règles de vie (hygiène, rangement des poids…). Il est rare de les voir aller vers les clients pour les conseiller, les corriger, les aider, ou même les faire travailler.
  • Les “coaches” fitness ont cessé d’être polyvalents : ils savent faire des cours de renforcement musculaire, mais pas d’étirements, ils enseignent la Zumba mais plus le LIA, ils savent faire des cours préchorégraphiés, mais plus de cours traditionnels, etc.
  • Bon nombre de “coaches” fitness se limitent à “faire les animateurs” sur l’estrade plutôt que de créer du lien et des échanges avec les gens, et de s’occuper réellement d’eux. On a souvent l’impression qu’ils sont là pour s’entraîner eux-mêmes, plutôt que de faire faire aux clients. Ils sont de bons techniciens, mais sont-ils de bons pédagogues?

 

Quelles solutions faut-il trouver ?

Face à des adultes de plus en plus sédentaires et de plus en plus en souffrance, il faut de vrais éducateurs sportifs compétents, donc bien formés, bien encadrés, et qui savent se renouveler et progresser. C’est ce qui permettra aux clubs traditionnels de résister face aux clubs low cost, et de continuer à garder leurs clients, satisfaits.

Les contenus des formations initiales des éducateurs/ trices sportifs doivent être adaptés aux compétences que l’on attend d’eux.
Les entreprises du privé ont la nécessité de se battre pour être bien représentées dans les branches professionnelles afin de faire entendre leurs besoins en formation. Les jeunes encadrants du fitness doivent avoir des compétences véritables pour pouvoir coacher les adultes : savoir comment fonctionne l’apprentissage d’un point de vue psychologique, pouvoir concevoir des séances en justifiant leurs contenus par de solides connaissances anatomiques et physiologiques, et ne pas être de simples répétiteurs. Ils doivent savoir faire preuve d’adaptation. Il faut qu’on apprenne aux animateurs à sortir de la performance sportive, à prendre conscience que ce qui est facile pour eux peut être très dur pour les clients d’aujourd’hui. Et que leur métier consiste à savoir modifier les contenus de leurs séances en fonction des personnes en face d’eux. Et non l’inverse !

L’encadrement sportif dans une salle de fitness privée doit inclure des compétences de service, de ventes, et de savoir être. Pas seulement des compétences techniques.

Le management des équipes sportives : clé de la réussite
Former les encadrants aux techniques de management et de gestion de ressources humaines est une nécessité absolue. Seule, l’expérience du terrain ne suffit pas à faire de bons managers : certains/certaines sont des “petits chefs” au lieu d’être de vraies locomotives.

Cette fonction est trop souvent reléguée à la réalisation du planning et la gestion des remplacements. Or, le manager sportif doit être une personne d’expérience, qui a beaucoup enseigné, qui connaît les publics, et qui peut être une vraie ressource pour son équipe : en conseils, motivation, exemplarité, modèle. Il doit savoir faire progresser ses collaborateurs grâce à ses connaissances et son expérience.

La valorisation de cette fonction passe par un bon salaire de cadre. Pourtant, il est fréquent que les animateurs gagnent mieux leur vie que leur manager, avec moins de contraintes. D’où la difficulté de recrutement de ces fameux managers !

La formation continue des “coaches” : outil indispensable à la pérennisation de l’activité des clubs

Les techniques de remise en forme, la médecine, la nutrition, évoluent à très grande vitesse. Nous accueillons des clients avec de nouvelles caractéristiques : douleurs chroniques, hernies discales, prothèses de genoux, des cancers en rémission, des réductions de l’estomac… Nous toucherons demain davantage d’enfants, d’handicapés, de personnes de plus en plus âgées… Dans ce contexte en perpétuelle mutation, inscrire le renouvellement des connaissances des “coaches” dans la logique d’innovation et d’adaptation des entreprises est incontournable. Cet investissement donnera un bien meilleur retour que celui des affiches publicitaires 4 x 3 !

Notons que le diplôme du Brevet professionnel de la jeunesse et de l’éducation populaire (BPJEPS) donne à ses détenteurs le titre d’animateur. Ce qui limite les champs de compétences, surtout lorsque la formation est dispensée par des écoles au sérieux parfois douteux. Les diplômes universitaires tels que le DEUST ou les licences professionnelles garantissent des compétences plus larges d’éducation physique.

Par conséquent, le manager doit savoir diagnostiquer les besoins de ses équipes, en fonction de leur formation de base, et par rapport aux clients du club. Il doit élaborer un plan de formation pour pouvoir y répondre.

Certains auront peur que leurs équipes s’en aillent ? Pourtant, une entreprise qui valorise ses salariés en leur offrant formations et progression professionnelle a plus de chances de fidéliser ses salariés qu’une entreprise qui ne s’en soucie jamais, et donc d’éviter un fort turnover.

Le recrutement des jeunes en formation, stagiaires et/ou apprentis et/ ou contrats de professionnalisation doit soutenir les bonnes écoles

Aujourd’hui, le secrétariat d’État Jeunesse et Sports ayant délégué une partie du diplôme à des écoles privées, certaines prennent la chose très au sérieux, tandis que d’autres profitent de cette occasion pour développer un commerce juteux, mais peu efficace. Recrutez vos stagiaires en fonction de leur savoir être certes, mais aussi en fonction de la structure où ils suivent leur formation. Vous soutiendrez ainsi les bonnes pratiques ! Sachez que les formations universitaires telles que le DEUST des métiers de la forme ou les licences professionnelles sont plus longues, moins chères et plus complètes que certaines écoles privées où les formateurs sont parfois tout juste diplômés.

Cessons de privilégier le produit sportif, remettons le client au centre de l’animation sportive !

La France est un des rares pays où il existe une réelle formation des encadrants sportifs. Pendant leur formation, les futurs “coaches” apprennent théoriquement à enseigner. Cependant, la tendance de la dernière décennie au développement des cours clé en mains a fait que bon nombre d’animateurs ont régressé d’un point de vue pédagogique.

Ici, on leur dit qu’il ne faut “surtout pas quitter sa démonstration” pour s’occuper des adhérents. Résultat : beaucoup de profs n’osent plus aller voir les participants, sont en surentraînement, se blessent… et se mettent en arrêt de travail. Ailleurs, on leur “apprend” à ne “surtout pas parler” ce qui fait que les clients bougent sans aucun conseil technique… et finissent pas se blesser. Là, on leur enseigne à baser la totalité de leur contenu sur de la musique, ce qui fait que, si un jour il y a un problème de sono, les animateurs ne sont plus capables de proposer une séance et annulent le cours !

Or, musique, chorégraphie et exercices ne sont que des moyens. Le but des séances est de proposer des contenus qui correspondent à la majorité des personnes en préservant leur santé (auditive et physique) et leur bien-être. Il faut donc être capable de les modifier si nécessaire.

La nouvelle loi sur la formation professionnelle est une belle occasion pour aider nos équipes à parfaire leurs compétences et à mieux pouvoir s’adapter aux clients d’aujourd’hui et de demain. En effet, la logique de cette réforme – même si elle n’est pas parfaite ! – est de réellement promouvoir la formation tout au long de la vie.

Nous avons le choix entre continuer sur nos anciennes pratiques :

  • Recruter des profs sans les manager réellement ni les former, donc continuer à faire face à un turnover important ;
  • Investir temps et argent dans la prospection de nouveaux clients, plutôt que de travailler à partir de ceux que nous avons déjà (enquête de satisfaction, analyses des besoins, valorisation de la fidélisation…) ;
  • Proposer les mêmes cours et les mêmes produits que les clubs low cost en tentant de baisser – en vain – nos tarifs.

Ou

Faire le choix de l’investissement qualitatif en valorisant les “coaches” :

  • Recruter des personnes compétentes sortant de bonnes formations ;
  • Les former tout au long de leur carrière pour les faire progresser, monter en compétences, et évoluer en salaire ;
  • Manager l’équipe sportive dans le sens d’une prise en charge empathique, réelle et efficace des clients (mettre en place de vrais bilans de forme, proposer des parcours individualisés, faire un suivi de leur fréquentation grâce, notamment, aux nouvelles technologies…).

Cela demande du travail et du temps. Mais le contexte actuel est propice : il faut faire des économies et réduire les dépenses de santé ; pratiquer une activité physique régulière pour être en bonne santé est presque un lieu commun.

Nous avons de l’or entre nos mains… À nous de faire en sorte qu’il ne se transforme pas en plomb.

 

Quels sont les diplômes qui donne le droit d’exercer en France ?

  • Formations sous la tutelle de la jeunesse et des Sports- Anciens diplômes : BEEGDA, BEACPC, puis HACUMESE et BEMF (de 1996 à 2005) : fonctions d’éducateur sportif.- Diplômes actuels : BPJEPS AGFF depuis 2005, mention C : pour dispenser des cours collectifs, mention D : pour encadrer le plateau musculation/cardio-training. Fonctions d’animateurs.CQP ALS : Certificat de qualification professionnelle, permet d’exercer quelques heures par semaine d’animation (formation très basique dispensée par des associations).
  • Formations sous la tutelle de l’éducation nationale (STAPS) LICENCe PROFESSIONNELLE MÉTIERS DE LA FORME :
    bac + 3, diplôme de technicien polyvalent spécialisé + gestion de projets + management.DEUST MÉTIERS DE LA FORME : bac + 2, diplôme de technicien polyvalent + assistant manager.

    Ces formations sont inscrites au Registre national des formations professionnelles (RNcP).

 

Emma DELAHAYE