Le futur de la remise en forme aquatique

Le futur de la remise en forme aquatique

Si la france possède le plus grand parc de piscines pour particuliers, en Europe, avec plus de 1 700 000 unités, chaque français ne peut cependant pas se payer le luxe de se faire construire une piscine.

Tout comme au même titre, hier, chaque Français ne pouvait s’équiper d’une salle de musculation, ce qui peut expliquer que les centres de remise en forme soient devenus aussi nombreux aujourd’hui. Par ce simple constat, on peut imaginer le futur de la remise en forme aquatique. Comme pour le fitness, c’est sous la forme collective et communautaire que se dessine l’avenir d’aquafitness. Dans un marché débridé, la recherche d’un nouveau positionnement et la prise de conscience de devoir séduire un public plus large, comme « les jeunes de plus de cinquante ans» ou de devoir conserver une clientèle fidèle, mais aux articulations fragilisées par le temps ou par la « fréquentation des parquets », conduisent à ce que l’eau devienne « le remède approprié ».

Mais c’est un second métier qui attend tous ceux qui prendront l’initiative d’investir dans un espace aquatique pour compléter leur concept de remise en forme avec des bains. Avec une France championne du monde de la complexité administrative, il est capital pour un exploitant de connaître le cadre réglementaire dans lequel il se trouve. Or, si cette tâche est bien établie pour les piscines publiques, elle l’est beaucoup moins pour les piscines privées de clubs de remise en forme.

Ainsi, un établissement d’activités physiques et sportives (EAPS) qui permet à sa clientèle d’accéder à un bassin intérieur en contrepartie du paiement d’une cotisation annuelle donnant accès à plusieurs installations sportives est assimilé à un établissement de baignade publique d’accès payant (arrêt du Conseil d’État du 25 juillet 2007 « S.A. Les Pyramides »). Le concept de public renvoie à des personnes qui viennent se baigner sur des créneaux dits « publics » avec l’idée de pratique spontanée, non organisée, individuelle ou non. Ainsi, cette notion n’est pas applicable en tant que telle lorsqu’une structure associative organise une activité pour ses membres. Il convient donc de prendre en compte l’ensemble de ces paramètres pour établir le fameux Poss (Plan d’organisation de la surveillance et des secours), élément indispensable sur lequel reposent tous les moyens mis en œuvre pour garantir la sécurité des usagers.

L’expérience acquise par la gestion de plusieurs établissements aquatiques très différents les uns des autres, tant par leur surface, leur mode de fonctionnement et leur type de gestion, m’amène au constat suivant : une particularité de la France est que les établissements de bains aménagés et ouverts au public et à l’accès payant fonctionnent tous avec leur propre réglementation et bénéficient pour certains d’un régime spécial (ex. : les piscines d’hôtellerie de plein air), ceci afin de satisfaire un contexte économique.

On peut aussi parler de l’associatif dérogeant à la notion de public.Or, aujourd’hui, les centres d’aquaforme urbains et périurbains utilisent des bassins d’une surface allant principalement de 50 à 250 m2 maximum et sont malheureusement apparentés en termes de réglementation à des piscines publiques, elles-mêmes cinq fois plus grandes. Par les surfaces, nous pouvons facilement constater les premiers éléments d’une distorsion de concurrence que ce soit au niveau du recrutement de personnel qualifié, ou des fameux déficits budgétaires autorisés, pourtant décriés dernièrement par la Cour des comptes, sans parler de l’associatif louant un bassin à la municipalité.

La piscine à usage collectif limité et spécifique…

Bientôt de plus en plus nombreux, les centres proposant des concepts aquafitness pourront faire valoir leurs différences pour s’affranchir de la réglementation relative aux piscines publiques inadaptée et inappropriée au secteur économique de la remise en forme.

L’ensemble des professionnels trouverait alors l’occasion de faire reconnaître un droit à une réglementation spécifique pour des bassins ne dépassant pas par exemple les 250 m2 de plan d’eau avec une profondeur limitée.

Alors que les mentalités évoluent, que le lobby des syndicats de MNS (maître nageur sauveteur) régresse, saura-t-on suffisamment fédérer ? Je le pense et je l’espère… Un grand pas a déjà été franchi cet été avec la nouvelle certification professionnelle de « coach fitness dans l’eau », reconnaissant ainsi l’évolution professionnelle des activités aquatiques de la forme, du bien-être et de la santé, en s’affranchissant de la qualification de MNS.

C’est en proposant un POSS adapté à « une piscine à usage collectif limité et spécifique » que la profession pourrait continuer de voir son futur s’améliorer.


Marc Thomas

contact@aquafibi-formations.com

Concepteur de l’aquafibi, inventeur de l’hyDrofibi, cofondateur de l’enseigne thalaform