Mais qu’est ce qui fait fuir les coachs ?

Derrière chaque salle de fitness prospère se cache un défi de taille : trouver des coachs sportifs de qualité. Ces professionnels sont les piliers de toute salle de sport, et leur recrutement représente souvent un véritable casse-tête pour les dirigeants.

Mon expérience provient du terrain, en tant que responsable du premier réseau indépendant de personal trainers en Europe francophone, représentant l’enseigne Body Concept Training implantée dans trois pays : la Belgique, la France et le Luxembourg, ainsi que la gestion d’un club de fitness comptant environ 1 000 membres.

Nous sommes présents à chaque Congrès Fitness Challenges depuis sa création, et chaque année, nous constatons que le secteur du fitness évolue, c’est indéniable !

La question cruciale que je souhaite poser est la suivante : est-ce que la vision évolue ?

Mais aussi : est-ce que la mission change ? Est-ce que les valeurs sont en mutation ? Est-ce que le management évolue ?

Il est essentiel de prendre du recul pour comprendre que le métier de coach sportif connaît des changements importants, et il est pertinent de se demander pourquoi.

Les coachs choisissent souvent ce métier, car ils ont la vocation d’aider chacun à atteindre ses objectifs. Ne serait-il pas judicieux de les impliquer davantage dans nos réussites au lieu de les considérer simplement comme une source de revenus supplémentaire pour le club ? Le succès d’un entrepreneur est souvent lié à sa créativité, alors pourquoi continuons-nous à utiliser le même modèle depuis des années ?

Il est temps de changer de paradigme ! Les salles de fitness évoluent en termes d’infrastructures, d’équipements et de services proposés, mais il y a peu d’évolution dans la relation entre les dirigeants et les employés, ou les « indépendants ». La vision qui persiste est celle de « Business is business », un proverbe que nous devons à George Colman dans une pièce de théâtre écrite en 1797 (comme vous pouvez le constater, certaines choses ne changent pas !). Peut-être devrions-nous envisager de créer un nouveau proverbe : « Passion + Passion = Collaboration ! »

Nous sommes tous d’accord sur le fait que pour attirer des membres dans nos clubs, des haltères et quelques bancs de musculation ne suffisent plus. Les espaces de cours collectifs, les machines cardio, les piscines, les cours d’aquagym, les espaces bien-être, les saunas, les hammams, et bien d’autres, sont autant d’investissements nécessaires. Il est donc logique que l’accent soit mis sur la rentabilité, comme tout entrepreneur le ferait.

Quelle est la mission fondamentale d’une salle de fitness ?

Vendre des abonnements. Le point positif de la vente de ces « produits » est qu’elle est exponentielle. En revanche, le coaching est un service qui se limite à un espace-temps et qui n’est pas exponentiel.

Il est crucial de distinguer un coach sportif d’un personal trainer. Pourquoi ne pas envisager des niveaux en fonction de leurs formations et de leurs compétences ?

Je ne parle pas de l’enseignement, qui est une obligation, mais de l’apprentissage, qui relève de la responsabilité du coach et de son désir de progresser. J’entends souvent dire que le loyer est justifié, car les coachs utilisent les infrastructures du club, ce qui est vrai, mais… Si vous n’aviez pas de coachs, auriez-vous besoin de ces infrastructures, de votre équipement cardio/musculation, etc., pour que votre club soit attractif ? Aujourd’hui, peut-être devrions-nous considérer les personal trainers comme des éléments essentiels de nos clubs afin de créer une valeur que la digitalisation ne pourra jamais remplacer : la relation !

Bien sûr, si la récompense d’un personal trainer pour son excellent travail est de devoir verser une rétribution astronomique, ne soyez pas surpris de ne plus en trouver. Je peux vous garantir une chose : aujourd’hui, les clubs ont davantage besoin des coachs que l’inverse. Regardez le nombre de structures de fitness en plein air, de studios de personal training, et les collaborations avec des kinésithérapeutes, des diététiciens, et bien d’autres. Gardez à l’esprit que le personal trainer indépendant doit prospecter pour remplir son agenda, ce qui implique d’établir le contact, de corriger, de conseiller, etc. Grâce aux coachs, vous augmentez votre notoriété, votre offre de services, votre taux de fidélisation, etc. Si vous avez encore des doutes, peut-être que votre processus de recrutement n’est pas assez sélectif.

Dans ce métier, un diplôme et des compétences techniques ne suffisent pas. Considérez le coach comme votre allié, pas comme votre client. Rappelez-vous que son objectif premier est d’aider les autres, vous y compris (pour autant qu’ils se sentent respectés pour qui ils sont et pas simplement pour ce qu’ils rapportent) !