Je suis arrivé à Apiro en 1957 avec ma famille, en suivant mon père qui était maréchal des Carabiniers. Là, dans un petit village de campagne, il n’y avait pas de salles de sport et le seul sport pratiqué était le football.
Mais moi, j’étais fasciné par les films mythologiques de l’époque, d’Hercule à Spartacus : c’est dans ces œuvres que j’ai découvert la culture physique. Je pesais 56 kilos et je rêvais d’un corps fort.
J’ai donc commencé à me fabriquer mes premiers poids en ciment et à lire des magazines américains qu’un parent m’envoyait depuis les États-Unis. Après une licence en Lettres et un poste stable comme enseignant, j’ai tout quitté pour ouvrir une entreprise individuelle et commencer cette aventure. Beaucoup m’ont traité de fou, mais j’avais une vision claire.
Avec ma femme Angela, qui venait d’obtenir son diplôme en pharmacie, nous avons affronté les premières années entre mille difficultés, mais avec passion. Une passion qui, unie à mon intérêt pour la biomécanique et à l’envie d’innover, nous a conduits à bâtir la Panatta d’aujourd’hui. Comme je le dis toujours : la musculation ne prolonge peut-être pas la vie, mais elle te permet d’arriver jusqu’au dernier jour avec un corps qui soulève des poids, et non qui est un poids à soulever.
2. Aujourd’hui, Panatta est une réalité internationale. Quel est le secret de cette croissance ?
Nous avons grandi en restant fidèles à un principe : tout produire à Apiro, en apportant dans le monde la valeur du Made in Italy et, avec fierté, du Made in Marche. En 2024, nous avons atteint un chiffre d’affaires de 56,5 millions d’euros (+33 % par rapport à 2023) et nous estimons 65 millions pour 2025. Si l’on inclut aussi nos distributeurs, la valeur globale dépasse les 130 millions.
Aujourd’hui, nous exportons dans 109 pays. Nous avons plus de 600 machines au catalogue, toutes conçues avec une attention maximale à la biomécanique articulaire. Nos équipements ne se contentent pas de fonctionner : ils changent la manière de s’entraîner.
En deux ans, nous sommes passés de 154 à 220 collaborateurs. 23 % d’entre eux ont moins de 30 ans. Cela signifie que les jeunes croient en nous, ils choisissent Panatta comme lieu pour construire leur avenir.
3. Comment êtes-vous parvenus à atteindre des marchés si différents, des salles de sport aux corps spéciaux ?
Parce que le mouvement est à la base de la vie. Aujourd’hui, nous fournissons des équipements aux salles de sport d’entreprise, aux hôtels de luxe comme le Ritz-Carlton, aux écoles, aux casernes et même aux prisons en France. L’objectif est toujours le même : rendre l’entraînement accessible, sûr et efficace.
Notre histoire est familiale, solide, cohérente. Et cette cohérence se reflète dans nos machines. Beaucoup des produits que j’ai conçus sont uniques. Ils sont pensés pour les spécialistes, pour ceux qui recherchent l’excellence. Notre biomécanique est reconnue partout comme une référence.
4. Au cours de votre carrière, vous avez rencontré de grands noms. Pouvez-vous nous en raconter un ?
J’ai eu la chance de rencontrer des légendes du bodybuilding comme Schwarzenegger, Coleman, Heath. Mais le souvenir le plus émouvant reste la fourniture de la salle de sport de la Garde Suisse du pape Jean-Paul II. Une expérience profonde, qui a uni travail, valeurs et humanité.
5. Parlons de bien-être : Panatta est aussi un modèle de ce point de vue.
Je crois que l’avenir des entreprises passe par le bien-être des employés. Chez Panatta, nous offrons des salaires supérieurs à la moyenne, des primes à la naissance des enfants, une crèche gratuite, des logements mis à disposition gratuitement, une cantine interne à 3 euros, une salle de sport d’entreprise gratuite et des prêts sans intérêts.
Chaque employé a également accès au parc aquatique Eldorado pour moins d’un euro par jour. Nous avons distribué plus de 40 000 euros en cartes prépayées à utiliser dans les supermarchés d’Apiro. Ce n’est pas seulement du bien-être : c’est un investissement dans la communauté.
6. Et aujourd’hui, qui est à vos côtés pour relever les nouveaux défis ?
Panatta est une famille, autant qu’une marque. À mes côtés, il y a toujours eu mon épouse Angela, compagne de toute une vie, qui suit aujourd’hui avec une attention particulière le marché français, où nous avons une filiale, Panatta France. Mon fils Edoardo est Vice-Président et responsable de l’international, et il contribue fortement à notre croissance aux États-Unis, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient.
Et puis, il y a notre équipe : pour moi, c’est comme une deuxième famille. C’est grâce à elle que Panatta continue de croître, sans perdre les valeurs avec lesquelles tout a commencé, dans ce petit atelier d’Apiro.



