Un masque pour s’entraîner dans les clubs de fitness ? interview Union Sport & Cycle…

Un masque pour s’entraîner dans les clubs de fitness ? interview Union Sport & Cycle…

Nous avons demandé à Virgile Caillet, Délégué Général de l’UNION sport & cycle de faire le point sur ce projet annoncé par la Ministre des Sports Roxana Maracineanu il y a quelques jours.

1-    Comment est né ce projet de masque pour la pratique d’une activité sportive ?

En fait nous avions très mal vécu le fait de réouvrir les salles de sport un mois après tous les autres établissements à l’issue du premier confinement. Le fait de ne pas porter de masque, les intuitions scientifiques faisaient des salles de sport des lieux « à risque » et cela jouaient terriblement contre nous.

Aussi en septembre/octobre quand nous avons subi cette deuxième fermeture administrative nous avons immédiatement réfléchi aux options possibles pour ne plus être apparenté aux bars, restaurants et autres lieux qui ne rouvriront pas tout de suite…

L’objectif était de se démarquer et pour renforcer encore nos protocoles sanitaires qui étaient déjà draconiens, pas beaucoup de solutions pour sensibiliser le ministère de la santé ou le haut conseil à la santé public qui nous écoutaient mais avaient du mal à entendre nos arguments.

Aussi avec l’accord de nos adhérents, nous avons décidé de creuser la piste d’un masque spécifique à la pratique sportive puisque c’était finalement la seule véritable réserve qui nous était opposée par le Ministère de la santé.

Je veux tout de suite insister sur le fait que ce n’est clairement pas notre option favorite et que bien entendu l’idéal serait de pouvoir reprendre normalement sans masque et en respectant nos protocoles sanitaires.

Mais pour fréquenter quasi quotidiennement les cabinets ministériels, c’était peine perdue et il fallait tenter quelque chose.

Comme Décathlon travaillait déjà sur un projet de masque, nous avons proposé au Ministère des sport de porter « politiquement » ce projet, qui pouvait s’adresser à tous les français pratiquants et permettre une réouverture anticipée, des salles, des gymnases, etc…

Ensuite le Ministère a engagé cette démarche AFNOR pour que ce masque dispose d’une légitimité technique et scientifique et puisse ainsi peser dans les discussions sur les prochaines réouvertures de nos salles.

2-    Quel est le rôle du Ministère des Sports dans ce projet ?

Le ministère a joué un rôle déterminant ! Il s’est immédiatement saisi du projet et a engagé la discussion avec l’AFNOR pour produire des « spécifications techniques » seule condition pour que ce genre de masque soit « validé » par la santé et puisse être considéré comme une réponse sanitaire.

Ce portage politique et cette volonté d’avancer ont été déterminant dans le processus. Il a fallu de nombreuses réunions avec des experts techniques, des représentants des usagers, d’autres secteurs industriels, le dirigeants du sport français pour faire valider les spécifications techniques finales… Les discussions se sont parfois égarées et heureusement que le Ministère s’est montré ferme et déterminé pour accompagner l’USC et l’AFNOR dans ce processus jusqu’au bout.

D’ailleurs c’est le Ministère des sports qui a saisi officiellement le Ministère de la santé pour obtenir une position claire sur le sujet.

3-    Pourquoi l’enseigne de distribution Decathlon est cité systématiquement avec ce projet ?

C’est une bonne question et je crois qu’il faut être clair sur ce point ! Il n’y a pas de monopole ou de priorité sur le masque Décathlon.

Simplement lorsque nous avons engagé le processus de spécification AFNOR il fallait partir sur des bases et heureusement nous avons pu profiter des recherches engagées par Décathlon et appuyer les travaux sur leurs prototypes de masques.

Mais à partir du moment où l’AFNOR aura publié son guide de spécifications techniques pour la fabrication des masques sports n’importe quelle entreprise pourra les produire en s’appuyant sur ce guide.

Je peux déjà vous dire que près d’une dizaine de masques sont prêt à être validés.


4-    Le port d’un tel masque lors de l’activité physique en salle serait-il une condition sine qua non à une réouverture plus rapide de celles-ci ?

On l’espère ! En tout cas c’est bien l’objectif ! Sinon aucun intérêt de produire, et acheter des masques si c’est pour ouvrir comme les restaurants et un mois après les cinémas ou les théâtres.

C’est notre combat quotidien d’accompagner le Ministère des sports dans sa quête d’obtenir un GO clair de la part du Ministère de la santé.

Rien n’est acquis mais les discussions vont dans le bon sens.

5-    Quel serait le coût de ce masque et qui en aura la charge ? L’adhérent, le club ou le ministère des Sports et/ou de la Santé ?

Rien n’est défini encore. Le coût dépendra évidemment de l’offre et de la demande, du nombre de masques commandés, du nombre de marques qui voudront en produire.

Mais l’intention est évidemment que ce soit accessible.

6-    Qui distribuera ce masque ? Une enseigne nationale de magasin de sport, le ministère des Sports, les clubs de fitness ?

Là encore rien n’est défini. Plus il y aura de masques validés par l’AFNOR et plus il y aura de possibilités pour obtenir des masques et on l’espère, plus le prix sera accessible.

A priori certains distributeurs proposeront des masques à la vente, je crois savoir que des salles les proposeront à leurs abonnés, on pourrait aussi imaginer que certaines marques puissent aussi en vendre ou même en offrir avec leur produit. On demande même au Ministère d’engager des fonds pour l’achat massif de masques en direction des usagers, qu’ils soient licenciés ou bien fréquentant les salles de sport. Mais avant toute chose il est absolument indispensable que nous ayons la certitude que ces masques permettront une réouverture anticipée des salles de sport !

7-    Ce masque sera-t-il adapté aux entraînements intensifs ou faudra-t-il adapter l’offre des activités en salle ?

C’est l’objectif. Pour être honnête je ne suis pas un technicien ni un scientifique donc je me fie aux commentaires que j’ai pu entendre pendant les réunions à l’AFNOR. De plus on peut dire que durant les phases de prototypage il y a eu des tests de réalisés avec des sportifs de haut niveau. Pour vérifier la conjugaison des deux critères clefs : filtration (pour la sécurité et bloquer le virus) et la respirabilité indispensable pour effectuer des efforts intenses.

Donc oui, il devrait permettre à l’immense majorité des sportifs de pouvoir pratiquement dans des conditions de confort satisfaisantes mais bien évidemment la vraie libération sera quand on pourra à nouveau pratiquer librement sans masque.

8-    Comment contrôler dans les salles que les adhérents se présentent bien avec le bon masque certifié AFNOR et validé par le Ministère de la Santé pour répondre à la notion de responsabilité pénale du gérant ?

C’est encore un sujet qui est en cours de discussion avec le ministère et l’AFNOR. Nous souhaitons qu’il n’y ait aucun risque en responsabilité pour les salles et que l’on puisse facilement identifier le masque sportif d’un masque lambda. Nous étudions la possibilité d’un marquage particulier mais il y a des contraintes techniques car en aucun cas cela doit altérer les qualités de filtration et de respirabilité du masque.

Comme vous pouvez le constater il y a encore du boulot mais nous voulons profiter des semaines pendant lesquelles nous sommes encore fermés pour mener à bien tous les points encore en suspens.

1 commentaire
  1. Fabien Hecquet

    Bjr à tous, on attend que ça, pouvoir rouvrir ds de bonnes conditions avec un masque adapté,
    Une question ❓pour les salles avec piscine, pour les cours d aquabike, d aquagym ect….,le masque serait il adapté?

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