Y a-t-il un réseau social dans la salle ?

Y a-t-il un réseau social dans la salle ?

Une zone d’activités sportives dédiée au fitness doit répondre à certains critères d’agencement et d’équipement qui touchent à la fluidité de circulation, au bien-être et à la sécurité des individus, comme à son entretien et à sa rentabilité. Mais avec la tendance à l’économie, dont le low cost est l’ultime avatar, tout ce qui faisait l’esprit « club » est passé à la trappe, au profit d’une « bulle individualiste » dont on ne peut douter, à terme, qu’elle ne finisse par éclater.

QU’ON SE RASSURE. Le propos qui suit ne vise nullement à vous faire part de mes dernières observations cliniques relatives à la psychologie du sportif !

L’objectif de cet article, infiniment plus modeste, est de faire apparaître que la problématique d’agencement des zones d’activités sportives d’un club de fitness induit la vie de l’établissement tout entier, tant dans son usage pratique que dans sa philosophie. En l’occurrence, certaines notions d’ergonomie concourent bien plus qu’au bien-être de l’individu : elles induisent un sentiment d’appartenance à une communauté ou, au contraire, établissent une zone d’exclusion autour de lui, interdisant tout lien social.

J’invite tout exploitant, en activité ou en devenir, à toujours considérer si ses agencements, au-delà de leurs aspects pratiques, servent ou non la philosophie de son club. Je ne cache pas que lors de mes interventions sur le terrain, ce que je constate me laisse souvent perplexe.

Féminin & masculin

Je regrette qu’au moment de la phase de création d’un club, les femmes ne soient pas plus souvent associées ou que, lorsque c’est le cas, leur rôle soit réduit au choix des couleurs des murs ou du canapé d’accueil !

J’ai déjà souligné, dans un article précédent, toute l’attention qui doit être portée aux femmes dans l’élaboration de l’espace vestiaires/sanitaires. Les zones d’activités sportives méritent la même exigence. Certains appareils, certaines activités au sol, mettent le corps dans des postures qui ne doivent pas prêter au spectacle pour d’autres.

Hommes et femmes n’ont pas les mêmes exigences d’hygiène, il est nécessaire de leur faciliter l’accès aux sanitaires pendant un cours, sans que ces déplacements, évidemment, ne perturbent les autres activités.

Sport & lien social

Le « tout connecté » semble vouloir imposer sa place en tout espace, y compris ceux où il n’est pas d’une réelle valeur ajoutée. L’activité sportive visant au bien-être de l’être humain, on peut sans doute trouver avantage aux progrès de l’informatique embarquée. Mais que cette dernière soit prétexte à renforcer la bulle personnelle de l’individu me semble sujet à caution.

Un club de fitness peut également être un lieu privilégié d’échanges et de création d’un lien social, disparu presque partout ailleurs. Un appareil, aussi sophistiqué soit-il, ne pouvant prétendre remplacer l’humain, la compétence ou le conseil, j’invite tout futur exploitant à considérer ces deux visions, froide ou chaude, avant toute chose.

Il ne s’agit pas, ici, de prendre parti contre la machine et pour l’humain, mais de faire apparaître qu’un club de remise en forme doit à la fois répondre à la nécessité de concentration de l’individu, à l’attention qu’il porte à sa propre personne dans l’effort physique, autant qu’à son besoin de détente, de relaxation et de convivialité.

Un espace de repos et d’attente, permettant la décompression, la rencontre et l’échange, dans une ambiance favorable à la séduction et au sentiment communautaire, ne sera jamais une place perdue. Cette tendance, culturellement ancrée depuis toujours dans les pays anglo-saxons, gagne nos voisins européens à grande vitesse. Elle est en voie de s’imposer en France. Les solutions d’agencement en la matière existent déjà, adaptables à tous les types d’espace, et sont désormais au cœur des prestations qui me sont demandées aujourd’hui, alors qu’elles n’étaient qu’en périphérie il y a peu encore.

Zoning & circulation

On trouvera dans mon précédent article (Fitness Challenges n° 8) les données relatives au zoning général d’un club. Selon la vocation de ce dernier, la répartition des espaces d’activités peut évidemment varier de façon notable, en proportion/répartition. Leur agencement propre ainsi que leur articulation entre eux ne doivent souffrir, en revanche, d’aucune approximation.

La coexistence d’une salle de musculation, d’une salle de cours collectif et d’une salle de biking impose qu’il ne faut, en aucun cas, forcer la traversée de l’un pour accéder à l’autre. Ces télescopages de publics hétérogènes nuisent autant aux aspects organisationnels du club qu’au confort psychologique des membres, invisible et difficilement quantifiable, mais tout à fait réel.

Les activités intermittentes telles que les cours spécifiques posent souvent le problème de l’attente du cours suivant. Il n’est pas souhaitable d’imposer aux membres une attente en regroupement qui nuit à la circulation et à la sécurité, ou pire, une errance déambulatoire dans des parties du club où ils n’ont rien à y faire. Pour pallier cet inconvénient, pourquoi ne pas offrir en guise d’échauffement la salle de biking, laquelle reste si souvent fermée dans de nombreux clubs, au prétexte de cours épisodiques ?

Acoustique & éclairage

Tout regroupement humain dans un espace clos génère, de fait, une nuisance sonore. Certaines activités sportives imposent, en particulier au sol, des surfaces parfaitement adaptées, tant pour leurs qualités acoustiques, que d’amortissement, d’hygiène et d’entretien. Vous trouverez ces aspects développés dans l’article dédié du n° 5 de Fitness Challenges.

L’éclairage d’une zone d’activité sportive doit répondre à deux critères : confort oculaire, préoccupation esthétique.

Le premier est défini par l’emplacement des sources lumineuses et leur orientation, lesquelles ne doivent pas aveugler l’individu, en particulier lorsque celui-ci est en position couchée (musculation, exercices au sol des cours collectifs, etc.). Les aspects esthétiques tiennent quant à eux à la température de couleur des sources (Kelvin). Tirer vers le jaune (chaud) pour une ambiance cosy, vers le bleu (froid) pour une sensation dynamique.

Chaque zone de votre établissement doit tenir compte de ces aspects. La belle couleur de peau de vos membres en dépend autant que le beau rouge des fauteuils de votre accueil !